QUAND ON N’A
PLUS DE RESPECT POUR SOI NI POUR SES DIRES…
Quand on n’a plus de respect pour autrui ni de dignité encore, et
que l’arrogance et l’offense servent aux plus rustres d’entre-nous, défiant les
usurpateurs et les voleurs qui siègent, anoblis aux timons de nos devenirs…
Quand, en guise de courage, la fuite et le mensonge nous inspirent,
mettant à nu les promesses, les crédos, l’amour prétendu, l’estime, la foi en
l’avenir…
Quand en guise de loyauté, on use de faiblesses et de lâchetés, de
traîtrises ou pire encore…
Quand, faute de qualités, on s’illustre par ses défauts et on les exhibe
comme un défi, une avancée, voire comme des qualités, à mimer, opportunes…
Quand, faute d’éthique, les tares épuisées, leur noblesse trop
commune, on se targue de mentir pour s’amuser des défauts des plus crédules et
des plus naïfs des honnêtes personnes dont on se joue… Je reste ébahi et ça me laisse perplexe !
UN GEANT OLYMPIEN, DIVERGENT, NOUS INTERPELLE
ET DIRE QUE NOUS SOMMES DES HUMAINS
PROPOS SCATOLOGIQUES
Des surhommes équipés d’engins de mort, tracent sur leurs cartes
militaires le destin de nos vies. La cartomancienne devine par hasard l’avenir
du ministre qui la consulte. Il sort les larmes aux yeux et dans sa bouche des cris
de haine. C’est dans la merde qu’on retrouve les amis. Si les meilleurs en
échappent, les plus fidèles vous secourent. Là, ses frères l’ont renié et
lâché ! Lynché, peut être ! Et essoré, jusqu’à lui faire sentir le
besoin, de vomir de partout ses viscères et de leur chier ses vérités !
Voyance et avenir, identité et morales se lisent donc sur les omoplates, sur
les cartes et dans la crotte. Que sont-ils en fait ? Des substrats
alchimiques qui traversent les corps et les humeurs pour les nourrir et les
garder en vie…Mais que l’on répand sur le chemin d’autrui !
Là, c’est une crotte de gecko domestique qui vient des hauteurs. Que
la coprologie vienne nous aider de ses lumières ! Il vit collé au plafond
et aux murs. Insectivore utile, il nous débarrasse de ce qui pique et qui
vole !
Nous sommes des humains, malgré nos crottes et nos cousins fossiles.
Je parle de ces lézards blancs qui collent aux murs. De petits crocodiles
inoffensifs ! Issus des leurs cousins culturels des bords du Nil !
Ceux aux référentiels imbus de l’étoile rouge-vermeil, russe. Sissi, le général
félon, est le cousin rouge, lui aussi, de Poutine ! Nous sommes si près de
Néfertiti, de Cléopâtre, de ses amis Antoine et César et leurs conquêtes des
sept cieux avec la belle alexandrine. N’avons-nous pas Juba II, le roi de la
Maurétanie, auquel on fit épouser Cléopâtre Séléné ? La fille de Cléopâtre
et de Marc Antoine ! Ahh ! C’est
dire la parenté de cette Afrique du Nord, si désunie maintenant à cause des
scories et des miasmes vicinaux. Si proche, vue d’ici, des ancêtres de
Berlusconi ! Ces latins de Rome, quand ils sont arrivés à nous ramasser et
nous unir, alors que nous fûmes si loin hier de ce que nous sommes aujourd’hui.
TRAÇABILITE STERCORALE
Et dire que cette crotte de reptile, a chuté de nuit des hauteurs,
du plafond, pour se coller là, sur le bord de la vasque. Le siège des toilettes,
le trône présidentiel, qui écoute se lamenter vos viscères et souffrir en
sortant. Oui, le centre des besoins ultimes, le PC commun à toute l’humanité, qui
nous fait réfléchir par delà les exigences sur ce que nous sommes. En quête de
connaissances, de réflexions et de culture, allons de ce fait explorer ce que
nous avons de pire. Les déchets qui sortent des ténesmes du meilleur d’entre
nous. Allons pas de modestie, allons, pas de fausse pudeur, analyser les nôtres
à travers ce que nous avons d’infâme ! Traçabilité stercorale par écrit !
Osons reconnaître ce que nous sommes, des cannibales, des carnassiers, qui
catabolisent autrui pour se construire et qui se lâchent…dans la nature.
Ce fauteuil rampant qui vous sert de gite et de trône, bouffi
d’intimes souvenirs et de spécieux combats, ce trône constipé qui reçoit de vos
humeurs les plus dures repères, est un fauteuil qui ne doit rien aux
urnes ! Les résidus repus de vos
tables de vampires, s’étalent ou nagent. Les tributs broyés dans l’amertume,
relevés de haines ou de pleurs, alors que ceux que vous mangez, ce que vous
catabolisez, devaient crier de terribles colères.
Et dire que cette crotte de reptile bouge encore, en son fort
intérieur, même si elle ne sent plus les malfrats, ces moustiques ineptes,
qu’elle digère.
Et dire que cette crotte de reptile, un gecko pour ne pas vous
apeurer…Ça vous rappelle les chiens et leurs tas d’ordures, alors que vous
payez les édiles. Ces chacals, ces hyènes, ces élus qui vous pillent encore et qui
vous vendent à leurs maîtres. Vassaux et acolytes, qui sévissent sur terre…Sans
réparer ni soigner ce qu’ils appellent, la rue, le trottoir ou la ville.
Et dire que cette crotte de reptile grouille et bouge de
l’intérieur. Ses réactions de chimies admirables et de leurs complexes calculs,
devraient vous interpeler !
Et dire que cette crotte de reptile remue des restes indigestes et
fourmille. Entre les pétales de roses et les parfums de pollens, les odeurs orientales
de jasmins…Ce sont des ailles de papillons irisées et le jade des os miniatures
qui percent et qui brillent. Et ces restes de viscères indigestes, la chitine
des pattes hérissées de piquants, ces épines qui remuent, se délitent là et se
dilacèrent…Quel spectacle ! Aussi intense que la grandeur de l’univers, la
Voie Lactée et la pleine Lune
Elle roule et remue de l’intérieur, forte de ses molécules
indestructibles et de ses électrons immortels, indélébiles…
Et dire que cette crotte impénétrable et intense, foisonne de vies
encore ! De reptiles ou d’humains, quelles différences à faire, y a-t-il ?
D’animaux asservis, que religieusement l’on s’octroie aux abattoirs, de
prédateurs que l’on achève en forêts ou sur les champs…Des morts nécessaires
pour nous servir dans leurs douleurs inutiles ! Sévices civils, tueries
citoyennes, des morts serviles, livrées cuites dans nos assiettes. Temples civiques,
ce sont des boucheries assassines, mes frères ! Tiens, je délire dans ce
sermon !
Alors que nous sommes tous en prison sur cette barque du Styx. Les
uns nettoyeurs des autres nous nous noyons sur notre île…La Terre qui nous
abrite nous voit décapiter en bourreaux affamés les êtres, dit inférieurs! Nous
nageons dans la vie, habillés des cuirs et des chairs de nos proies, véritables
assassins, en état constant de guerres, inégales et injustes ! Oui, nous
sommes pires que ceux que nous consommons. Nous cultivons la mort en sacrifiant
nos proies ! Au lieu de changer notre alimentation pour évoluer,
moralement spirituellement, nous continuons chasses et élevages en montrant à
nos enfants, que sur l’autel de la restauration nécessaires, les bourreaux sont
supérieurs à ceux qu’ils peuvent occire. L’art de la guerre et le sport du
crime sont passés par là ! Théorie, qu’il est absurde de dénoncer et que
personne ne comprend ni espère !
Et dire que cette crotte impériale est du sang généreux d’illustres
corsaires. Austère apatride, exhaustif adultères, prophètes des séides, un dard
dans la gorge, une dague dans le dos, une flèche avide de cœur. Tuer pour se nourrir,
est affaire d’humains, de lézards et de crocodiles !
Et dire que cet homme, parangon de ce qu‘il mime et qu’il veut
exploiter, est un riche pourfendeur, féru de libertés. S’il pue d’orgueil et
exhibe ses libertés, il vit sur le reste et des restes des vampires. Je vais
vous dire de quel champion il s’agit, et de quelles fanges il veut nos
débarrasser, pour mieux les remplacer…Crottes imprononçables et gadoues
putrides salissent le texte, alors qu’on a à faire avec des super hommes !
Quand on parle de linge sale à laver en famille, on n’a pas besoin de nos yeux
d’étrangers pour le voir !
UN PRINCE MACHIAVELIQUE
Et dire que s’il n’est plus le maître de céans. Hier, il était
superbe. Altier il détient de son illustre oncle la manière altière et le
bagou. Le roi défunt dans sa faconde princière déjà, colonisé encore, savait
dans leurs propres maux les emmerder, car de leurs propres mots, il adorait les
exciter, aimait les irriter, pour les épater et les charmer afin de s’en faire
admirer.
Et dire que cette vieille branche, écorce du chêne impérial, fière
de ce qu’elle est, allait produire un résistant au sens fort. Une croûte en
relief dans une belle peinture, une mèche rebelle sur une vieille perruque,
saillant du fez rouge, notre traditionnel tarbouche ! Richissime
idéologue, défenseur féru de ceux qui souffrent, intelligent et juvénile, il a
un vrai cœur d’enfant…Gâté sur les bords! Réparé du cœur et des artères, on n’a qu’une
vie, il veut la rendre plus brillante et utile. Mais il est encore jeune pardi,
il se bat. Et cela lui permet de se battre et de combattre mieux
encore.
Il ne lui faut qu’un ténor, un parrain et des armes. Il y en a chez nos ennemis ! Et, et toujours en
jachère. Les indigènes y croient toujours, il leur faut un héros qui les pousse
et qui les attire. Faute de prophète divin, un champion méphistophélique, un
démon peut faire l’affaire. Un ponte qui les envoûte ou un tribun qui les leurre !
N’a-t-on pas vu Abdelkrim se faire un nom illustre de résistant et rester en
vie ! Une aura méritée dans son exil ! La célébrité
universelle ! Armé de valeurs allemandes, défiant dans son Rif d’avant le
kif, deux autres puissances coloniales, ténors de la Seconde Guerre Mondiale !
Et dire que cette crotte de reptile, parangon de ce qui pue, use
des restes des vampires et des succubes, pour les domestiquer…Je parle du gecko
et des fourmis. Les fourmis sont des
travailleuses tenaces, admirables !
Et dire que cet illustre idéologue défie les rites millénaires,
leurs complexes faisandés et toutes les idéologies surannées. Son propre statut
en fait lui remonte comme un reflux qui l’estomaque ! Il éructe et se
gargarise de ses propres mérycismes ! On devine ses états d’âme.
Et dire que cet illustre dénégateur, nihiliste, refuznik ou
agitateur, est un fallacieux exilé ! Auto exilé, fuyard politique, repus
de cette vie princière inutile, ce paradoxe poussé au paroxysme le déçoit, sauf
qu’il est zappeur paroxystique, zélote prédicateur à l’instar de Cheikh Yassine.
Electron libre en fait, il est libre de revenir chez soi ! Ou d’aller partout
où la curée affairiste l’interpelle. Ce n’est pas une honte d’être riche quand
on est prince de sang d’une vieille dynastie que l’on respecte ! Il est
aussi un virulent et ostensible interpellateur. Apostropheur impénitent, il
s’adresse au roi quand il parle aux élites ! Snipper es-politique,
réformateur moderne, il se place au summum de la fatwa politicienne. Leader sans
parti, il sème à tout vent, le doute scientifique et vous désamorce de vos
convictions, les plus fixistes. L’invocation au changement l’excite. Dans son
spleen, il en parle, quitte à aller aux charbons et à user apparemment ou en
douce, de séditions élégantes et de troubles borderlines !
La valse de la fitna l’enchante et le gagne. De la révolte
réformatrice, même en théorie, à la révolution, il n’y a qu’un pas ! Va-t-il
le franchir ? Le chérif est un Che, sans casquette ni ostensible cigare. Il
voudrait prendre l’initiative, sans trop se mouiller, tant la pudeur du fier
alaouite respecte la vénérable famille alaouite, dont grassement, il hérite. Il
irrite, poils au nez de la vénérable institution. Ce capital marocain
identitaire, trois fois centenaire, l’attire malgré sa volontaire répulsion !
Avec en affiche Lui, SAR, comme prosélyte et réformateur. Sincèrement
démocratique ou révisionniste pour son propre compte, du passé critique de ce makhzen
avachi et de la complaisante ou moqueuse constitution.
Sauf que pour le moment ce ne sont que des projections poétiques et
imaginaires insanes ! Il n’y a nulle puissance pour l’épauler, en se
cachant derrière lui, pour le conduire le bon prince à commettre un pareil et
mortel impair. Notre sémillant prince n’est ni un fanfaron ni un pro des crimes
es-majestés. C’est un beau rêveur, qui charme de par son statut et qui fait
rêvasser certains, de l’extérieur.
HERITAGES ET FAUX ATOUTS VICINAUX
Que croire ? L’Algérie, la France, l’Amérique ne sont ni des atouts
clairs ni une belle affaire. Du moins pas mûres, ni pour lui, ni pour l’instant.
Il n’a pas l’ombre d’un traître pour vouloir bouleverser son pays et provoquer
une guerre civile, et ça, on peut le jurer ! Car il a pour lui cette
innocence claire ! Cet homme est au courant de tant de secrets…Il est mécène
de son état et amis des médias, il est bien informé ! Il a vu autour de
lui des pays périr, leurs nababs tués, des peuples déconstruits, dégommés, affamés,
dépassant les pires périls humanitaires ! S’il représente pour la gauche de la Gauche,
pour les gauchos, une alternative ? On peut le croire, sauf que ce trublion,
trop visible, ne représente pas un danger, une machette aveugle ou une aventure
de cinéma ! Un facho, ringard, une obsolescence du passé, une new-wave de
mercenaire, un passif dans une vitrine qui a perdu de sa dorure. Sont-ce des
qualificatifs justes, réels et vrais pour étiqueter le prince rougeoyant ?
Il est fils de princes déchus et appauvris, revenus au pays après
leurs études et leur exil. Exil utilisé par les milices et les résistants
d’hier, par tous les partisans de l’indépendance, pour anoblir leur roi, en
faire une image d’union. Passons sur les profiteurs, on n’est pas nés d’hier.
Cette famille, fut une image, un emblème du pays, un phare pour l’indépendance
et le combat. Un symbole, quasi déifié, qu’on voyait, femmes et enfants, sur la
Lune et sur les murs.
Je me rappelle de ce muret de la cour du CE3 de l’Ecole Européenne de
Bab Riafa, près du jardin public de Boujeloud. Ses rivières, ses bassins, ses
poissons, ses barques, ses norias, ses ponts fleuris, ses bambous et ses
arbres, ses statues, ses fontaines et ses fleurs, tels que avalisés, protégés, avec
leurs voisinages palatins, par la pimpante altesse et impériale rouquine.
Et dire que cet illustre reliquat des rois, devenu fil des pontes,
hissés par les militants et les prédateurs, sévit à l’ombre et depuis à la
lumière encore.
Que comprendre ? De quoi est mort son prince Abdou de
père ? Secret de famille, secret médical ? Secret d’état ou secret
d’alcôve ? Lutte pour le pouvoir ou maladie borderline pour l’époque, trop
infamante pour la monarchie, ou concussion militaire. Il ne dit rien de sûr, il
profère !
Et dire que le divin fanfaron, à l’image par la presse servile,
avilie ou ébréchée, semble ignorer nos droits au Sahara…Glamour avec
l’adversaire fielleux, amalgame ou idiotie ? Quand on sait le culte du
Sahara, les sacrifices matériels et humains de nos soldats. Un fondement
patriotique, uniciste, tel que inculqué depuis des siècles et des décennies.
Cette conviction est pour les masses fidèles, un culte, un endoctrinement et
une passion. Une certitude politique, une religion, hautement intégrée et dignement
cultivée par la plupart ! Connivence ou idiotie du Prince de l’avoir dans
ses principes, éludée, larguée ou foirée?
Si la fanfaronnade médiatique, laisse faire les jaloux et les
médisants, si l’essayiste de l’exil aidé de ses nègres ou pas, place ses milliards
ailleurs, il n’est point le seul mauvais exemple. Pardi ! Beaucoup des
nôtres, singeant ce qui se passe chez les têtes les plus huppées du monde ont
vendu non seulement leurs bourses, mais aussi leur mental, leur nationalité
et leurs âmes..
Le panthéon des dénégateurs est une partouse mondialisée, rempli
d’apatrides, très sincères !
Et ne restent pour nous morfondre que les murs et les barbelés
entre frères brimés et lésés.
Les tyrans et les usurpateurs se sont ligués de toujours avec les
maquignons et les pillards de la morale. Représentants de leurs dieux sur la
terre, ils assujettissent ceux qui ploient du dos et terrassent les opposants
et les repentis. Est-ce là, le message dans son Livre aux exilés de la patrie,
qui sont restés marginalisés, sans moyens aucuns ou carrément démunis, mais chez
eux ? Des salons actuels aux noualas de l’époque, tous les apaches
indignés et les indigènes fiers d’hier, l’appréhendaient ou le savaient.
UN GEANT OLYMPIEN, DIVERGENT
Bravade existentielle du prince ? Le devoir de réserve
dépassé, si la pudeur intimide et inhibe, la fierté décuple le courage et
renforce.
Prométhée pour nous autres ! Il
nous contemple dans son extase, pas solitaire du tout. Il nous lorgne de sa
hauteur de vue olympique et de ses alentours épiques. Les nuées de nains, de
singes et de pantins qui l’admirent et qui l’entourent, applaudissent. Ils
vivent, ils existent, ils sont ! Ils entrent dans la scène, là, en bas,
sous les cieux où il a vécu en prince et en seigneur. Il voit le champ des
manœuvres, la place des combats de coqs que sont ces humains, ces acteurs qui
tombent pour hisser leurs champions. Les élus des dieux, leurs sbires et leurs
acolytes. On n’est pas loin des combats où les infidèles, les croisés, les
titans, les animaux de la jungle, se livrent des batailles légendaires. Des
épopées épiques contre des peluches fabuleuses, des ombres de sorciers, des
démons sataniques ou des zombies mythiques pour le plaisir des fils de Zeus. Cinéma
des dieux qui adorent les humains qui meurent pour leur complaire en jouant.
PRIMOFORFAITURE
Qui a parlé d’héritage et de lignage ? Des fonctions de
l’aristocratie régnante et des situations de la noblesse ? Que le premier
enfant soit le roi ! Une idée, une pratique, qui l’écarte et le
déçoit ! Primogéniture ? Quel barbarisme, quelle sombre et égoïste
gageure ! Par dépit, le prince rouge s’assombrit et devient tout noir. Il lutte
à en devenir malade ! Un jeu d’échecs cavalier, pour tenter de déloger les
héritiers en place, en instillant le doute dans l’esprit des simples humains
que nous fûmes. Ces sujets pervertis qu’on appelle des hommes ! Des idées
curieuses et graves, des questionnements pervers ! Les règles sont des
inventions humaines ! Oui, un sordide calvaire. Et toutes les
constitutions, ne sont-elles pas le fait des hommes ? Ce sont eux qui écrivent
doctement les règles et les obligations, pour assoir leurs profits tranquillement,
assurément, pour rendre les pantins des jouets plus dociles. En confiant aux
dieux terrestres leurs destinées et leurs sorts
Et dire que fatigué encore, il fait
œuvre de charité et pousse les renégats, les sbires et les déçus et orphelins
du système, à écrire pour lui, dit-on, un Livre. A dessiner un tableau noir, un
pamphlet pour dénigrer le machin, le makhzen, le palais pas si zen.
Machinations tirées au clair et anecdotes dopent le livre de banalités bues et
de curiosités souvent connues à l’extérieur comme des proches. Souvenirs et
crachats sur cette soupe qui l’a rendu prince et en a fait un homme ! Des
pages de scènes privées ou à peine ! Rien ne filtre qui soit secret ou
privé ou qui sorte de l’ordinaire ! Rien de surprenant ou de fameux qui
soit encore secret et formellement relaté dans les faits dans ce film élogieux et
facétieux sur ses misères princières ! Rien que des choses humaines, des
plus grandes aux plus basses. Mais rien que du beau monde. Presque pas d’hommes,
dans sa suite.
Par delà le Livre de l’exil, par delà les générations sultanesques,
chasser du trône l’opportun, ou l’inopportun est-ce là, la devise ultime des
seigneurs et des hommes ? La vue et le jugement changent selon la face du
prisme où nous sommes ! Qu’on révise les textes et qu’on le déloge !
Semble-t-il suggérer aux plus proches de ses aventuriers ! Ça devient
délicat et grave pour nous autres communs que de comprendre cette altière
prouesse ! Les foudres vont tonner là où nous sommes. Même Jupiter devrait
craindre pour ses burnes !
QUE RESTE-T-IL DES FEUILLES ?
LE CROTTIN SE RECYCLE AUSSI !
Que reste-t-il des feuilles de l’arbre quand il est mort et que de son
tronc l’on fait des lattes ou des allumettes ? Du feu pour brûler les
buches aux cheminées ou de la cellulose pour faire des livres et des feuilles
pour imprimer ce papier ?
Et dire que le crottin se recycle aussi ! Mais où se cachent
nos souvenirs des mauvais jours et ces pages de voluptés ?.
Et quand on vieillit où vont nos souvenirs ? Et pire, quand on meurt, avec
ou sans Alzheimer, où case-t-on nos secrets ? Ceux qu’on a commis à l’insu
de nous-mêmes, nos souvenirs qui n’ont pas de transcripteur ? Notre
mémoire est pareille à ces feuilles d’arbres. Tout revient à la terre et chute
sur son sol, pour rentrer de nouveau dans le cycle que la matière opère.
Tout le personnage, fut-il prince, ses restes futiles, ses plaisirs
vains, ses ambitions, ses promesses, ses prouesses, à jamais le soldent et nous
fuient. S’il reste quelque chose c’est par delà le verbe et les mots. Plus invisibles
que les photons eux-mêmes et la chimie de la lumière. C’est par delà ce qu’on
comprend e
t par delà ce qu’on ignore qu’il faut chercher les âmes ! Et
ce qu’on sera demain.
Est-ce qu’on sera demain ? L’homme, nanti ou pas, belligérants
infâmes, mécènes et travailleurs, rois, princes comme manants, s’ils mangent et
qu’ils chantent dans le bonheur, s’ils s’habillent bien ou voyagent loin, s’ils,
cumulent spolient plus ou qu’ils volent des fortunes, dont ils oublient les
origines, ou qu’ils vivent dans la maladie et le besoin, tout revient au zéro
du départ. Alors, minus, papillon !
Même nos audacieux champions ne sont des hommes. Matière superbe ou
frelatée, tout s’en va, tout est vain…Que reste-t-il des festins et des
hauteurs, des crottes de geckos, remplis des restes de pattes de blattes? Et
j’ai vu ces chiens, qui hier étaient de compagnie, venir salir ma rue de
couches de bébés. Des pochettes froissées et éclatées, qu’ils subtilisent des
sacs d’ordures. Des mets exotiques dont ils raffolent de leurs crémeuses
diarrhées ! Comme nous des glaces au nougat et autres chocolateries.
MAIS QUE DIRE ? QUE CONCLURE ?
Et dire que le crottin, une fois apaisé, comme les feuilles des
arbres se mélange à la terre dont la faune et la flore microscopiques se
saisissent pour s’en nourrir et le recycler aussi ! Que reste-t-il des
hommes et des princes, de leurs excès, de leurs querelles et de leurs
légalités ? Que reste-t-il des champions et de leurs médailles ? Et
des riches ? Des livres de comptes ? Des bibliothèques de titres
immobiliers, du béton et des héritiers ? Que reste-il de leurs noms et de
leurs prestiges bourgeois ? Que reste-t-il des martyrs et des tués sur ces
champs d’honneur ? Des noms de stades ou des plaques de rues que l’on fera
vite de changer une fois la paix rétablie !
Et que dire du bol, de la vasque qui nous entoure les fesses ?
Là d’où j’ai raclé les fientes du lézard qui ne sentent rien mais qui
inspirent. Que dire du bol de soupe qui tourne et qui nous sert de nef ?
De berceau, et de tombe et de ferme aussi ! La Terre qui tourne sous nos
pieds sans qu’on s’en détache, malgré sa très grande allure ! Il faut qu’elle
tourne très vite, sinon elle tombe et si rien ne l’attire. Elle nous retient et
nous attire en nous emportant dans le sillage cyclique de ses vents.
Et dire…Mais que dire cette Terre frelatée et de sa ponte ? De
cette vermine qu’elle nourrit de son corps et qui grouille, en rampant sur sa
carapace. Une ombre risible et nous donc ? La Terreur. La race
prophétique, la race prolifique, la tribu préférée, la race évoluée qui ravage
et qui tue pour manger toutes les autres ? Les guerres de toutes sortes,
exodes, exils, terreurs nettoyages ethniques ! Racismes divers, xénophobies,
haines, massacres et vols ! Politiques fallacieuses, tromperies de faussaires !
Où êtes-vous donc, mes tristes et déloyaux débiteurs ?
ô Terre, toi et les tiens, si superbes soient-ils ! Un caillou
jeté dans l’espace froid ! A peine visible de ce Soleil éloigné mais immense,
qui exulte, qui la chauffe et qui l’illumine. Afin de voir ces poux et ces
puces, qui la grattent et la sucent, en lui perçant le corps !
Et que dire de ce petit reptile, qui a laissé sa crotte là, sur les
toilettes, pour me faire réfléchir ? C’est un dragon miniature, un reste
de sauriens dix fois plus grands que les ours et les dromadaires ! Un
souvenir perspicace et pérenne, évolué et impertinent de ses ancêtres effacés,
les dinosaures !
Mais que dire alors des vrais reptiles, les pervers ? Si chers
à Benkirane ? Ceux qui rampent et empoissent, ceux qui empoisonnent les êtres
qu’ils avalent dans la glue collante de leur traines.
Pour lui, les crocodiles, ce sont point des cousins ni des repères.
Que des prête-noms, des voleurs de surnom et de nomenclature. Des copies
difficiles à interpréter, tant le lézard ne mange que pour vivre, jamais pour
entasser ni pour grossir,
comme ces ‘’humains’’ qui le pourchassent et qui polluent notre atmosphère !
Ceux-là, ils ont de grosses crottes et d’épais cuirs ! Des pachydermes
difficiles à dompter. Une espèce de rapaces qui gomment ceux sur lesquels ils
fusent. Rien ne repousse ni persiste après leurs razzias. Herbes vertes et bêtes
inférieures disparaissent, c’est l’extinction de leurs races et de leurs
espèces.
J’ai deux ou trois télés et des yeux pour regarder les hommes. Je ne
retiens d’eux que le spectacle sombre des rues, où ordures et zizis me montrent
où nous sommes ! Des scories où l’on peut y lire nos travers anéantis et notre
destination.
Nous sommes des humains, malgré nos crottes, nos dents et nos
viscères. Mais surtout, parce que nous avons une âme qu’on ne peut ni tuer ni
déloger. C’est pour cela que je Te prie et que j’espère en Toi.
DR
IDRISSI MY AHMED, KENITRA, LE 04 MAI
2014