
LE CIEL ET NOUS,
HABITACLES EN COLÈRE

LE
CIEL ET NOUS,
HABITACLES
EN COLÈRE
Il
est utopique que Dieu, selon les dires
N'ait
créé comme astre vivant que la sphère !
La
Terre, une goutte dans l'océan galactique,
Est-ce
assez, pour la Vie de tout l'univers ?
Gite
de corbeaux, des humains le calvaire,
Aire
de sang, des vampires le cimetière.
Abattoir
ultime des races faméliques,
Elle
est des cannibales le couvert.
Et,
s’Il n’existait pas, je parle de Dieu
Le
Créateur, tout serait inutile et triste.
Parce
que sans amants, l’amour est futile
Plus
qu'il 'est vain aujourd'hui et virtuel.
Les
feuilles valsent au vent avant de choir,
Sur
terre à la fin du tango aérien.
Le
pollen fleurit sur les ailes frêles
Des
papillons. Ivresse des abeilles,
Le
souffle de la vie nargue le néant.
Il
pleut des étoiles et assez de grains,
Pour
redonner vie à la terre entière,
Et
la répéter comme un éternel refrain.
Ici
foin de scorpions, de crocodiles
D'afarites
ou d'araignées de Satan.
Zoo,
si cher au Premier du Sultan,
Il
n'y a que des moutons qui bêlent.
Scories
assassines que l'on charrie,
Le
registre des thèmes et des cultures varie.
N’est-ce
pas les Aigles, et vous les Lions,
Que
les prédateurs, fossiles retardataires,
Sont
ici des chameaux et des sauriens.
Ondes
ou éléments en leur fort intérieur
Vibrent,
espèrent la vie et la persistance de soi.
Ce
serait triste, inutile sans cela et stupide,
D'étendre
le cosmos et d'élargir l'univers !
Triste
spectacle d'un cirque ou d'un zoo,
D'un
stade, sans joueurs ni spectateurs,
Avec
la Terre seule, comme unique navire,
Et
des hooligans pour la casser !
Des
races glauques iniques et cruelles ,
Des
forces qui s'entrechoquent et se déchirent
Exhibent
Ton Nom, sans respect ni pudeur
Pour
faire sombrer les cultes et les cultures
Qui
Te sont voués et forcer dans l’Abîme
Le
crime infâme et la honte au néant.
Et
bien, divaguez, évaporez-vous,
Disparaissez,
volez et priez,
Si
vous n'avez pas honte de le faire !
Ou
arrêtez cette peur de parler par pitié !
Où
vont les pensées quand elles s'arrêtent
De
nuire ou de plaire, de palabrer et de jouir ?
Où
vont les pensées passées de chaque être ?
Ses
prières confuses, ses humeurs délabrées,
Ses
escharres et ses chairs,
Son
souffle opprimé?
La
mèche qui palpite
Sur
le front arrogant,
Les
sourcils de braise
Et
les yeux flamboyants ?
Cette
vrille dorée sur la photo en noir et blanc,
Les
pétales qui se fanent enfermant le pistil ,
Ces
graines qui s'envolent dans les airs ?
Toutes
ces gouttes qui tombent du front,
Cette
peur, cette plume, ces pluies et ces cris,
Ces
vents de verdeur arrachés des lits
Et
ces êtres fragiles depuis que la terre existe ?
Ces
ondes et ces vagues,
Ces
neiges et ces glaces fécondes,
Mille
fois recyclées
Comme
une valse érotique
Entre
les éléments ?
Dans
le vaste océan, des brumes et des vagues
Qui
crient de vie sur le sable cadavérique et blond,
Se
mêlent au minéral les terres et l'argile
Dont
nous sommes faits, pour couler
En
nous des sueurs et des peurs.
Ces
milliards de réactions chimiques
Qui
explosent en silence de leurs feux
Dans
les tréfonds de nos cellules
Font
de toi et de ta personne
Le
caractère, l'humeur et le comportement !
Alchimies
fantasques et mathématiques
Génie
fulgurant de physique à chaque instant,
Qui
fleurit la vie dans les arbres et les airs,
Les
forêts et les mers dans les plus petit éléments,
Depuis
que la terre est terre sous le soleil éclatant
Un
défi au zéro du départ et face néant !
Ces
parfums que tu exhales, vapeurs d'éthers,
Ces
senteurs oubliées que je sais plus humer…
Maintenant
que les odeurs me sont inconnues,
Ne
demeure que l'âcre souvenir des flacons.
Le
son creux du verre qui se vide,
Asséché
par l'oubli du temps qui coule
Tinte
dans mes oreilles son subtil écho.
Des
mots étranges et fugitifs que tu profères
Il
ne reste qu'un souvenir sombre, un simulacre.
Dans
cette tombe que je suis et qui blasphème,
Palpite,
avec en guise d'ailes et d'effroi,
Un
linceul blanc, insensible au froid.
Harponnés
aux haillons du corps décharné,
Des
mailles qui le maintiennent arrimé à la vie,
Folie
impossible, pari perdu face au néant ,
Le
jour est un fossile crépusculaire de douleurs,
Qui
refusent de faire le deuil de la vie.
Que
reste-t-il de moi, de ces inutiles vingt ans,
De
cette enfance oubliée, de ces passions osées ?
Je
suis ce dont je me rappelle, un trois fois rien !
Et
ça fait déjà combien de fugaces printemps ?
A
dire vrai, pourquoi cette question ?
Que
reste-t-il des paysages que j'ai vus
De
ces monts, de ces mets, de ces plages
De
ces ambitions saugrenues,
Trop
souvent rêveuses et contrariées ?
Quels
souvenirs de ces merveilles
Imaginaires
qui se sont tues,
Des
mouvements dans le rêve,
Et
dans ces autres vies ?
Que
reste-t-il en moi
Des
songes et des cauchemars d 'autrui ?
Des
rues sans nom, des maisons hantées,
Sans
sens aucun depuis
Qu'elles
sont fauchées.
Je
pense à la Syrie, au Liban, à l'Irak à l'Iran,
A
la Grèce olympique et à la Rome antique,
Que
reste-il des dieux laïcs, de leurs pas effacés,
De
nos traces andalouses dans la civilisation ?
Qu'ont-ils
les anges de mieux que moi ,
Qu'ont-ils
fait pour mériter de voler ?
Je
veux les dépasser, tout en étant de chair
D'argile
et sur Terre, de surcroît !
J'ai
découvert l'amour et j'ai décidé d'aimer
J'ai
déçu l'amour dès que je l'ai rencontré.
Je
T'ai découvert en regardant le soleil
Le
ciel immensément vague et brillant.
Je
t'ai découvert avant de Te voir
Car
tu m'as fait avant de commencer la vie
Mon
confort, quelle que soit la place où je dors
Là
où je vis je sais que ce n'est que pour un jour.
Pourquoi
rêver si nos jours sont arrêtés ?
Si
la mémoire, les muscles et les os flanchent
J'ai
essayé sans m'essouffler d'être bien,
Sans
devoir être riche,
Riche
de ma personne,
Respecté
de défier quiconque
En
quatre-quatre superbe ou en avion cargo…
Et
ça n'a pas marché, ou presque
Trop
timide, pudique et respectueux,
Excusant
tout un chacun, par humilité,
Tel
un bouddhiste, je suis devenu pieux !
Par
faiblesse, certainement !
Ou
parce que je suis devenu vieux ?
J'ai
trop courbé la tête, essayant de m'adapter.
Mais
cet exercice, encore une fois a raté.
J'essaie
de me refaire une autre partie ?
Ailleurs,
selon mes modalités : un corps
Plus
fort et des méninges moins rabougries.
Je
ne sais si l'esprit du Moi va s'en rappeler,
Habitué,
je me sais à de fréquents oublis ?
A
quoi bon se remémorer les échecs
Si
l'on bénéficie dès le départ
D'une
autre vie ?
Ici,
c'est un pape qui sourit par piété,
Voiture
sans vitres ni gardes,
Embrassant
un myopathe
Lavant
les pieds d'un enfant.
Là,
un potentat,
Qui
les tue par centaines de milliers.
Là,
on n'est pas sorti des guerres de cent ans.
Ici,
ce sont les croisades, autres dieux, odieuses gens.
Là,
c'est Napo qui ressuscite, Hitler qui revient.
Ici,
reptiles et crocodiles s'adonnent à cœur joie.
Là,
ce sont les mêmes noirs que se déchirent
Ici,
les fidèles d'une même religion,
Au
point de faire croire à la fin du monde.
L'Apocalypse
appelle la Résurrection !
Dieu,
tiens à Tes promesses !
Fait
venir le futur, allons ailleurs !
Changeons
de songes, de terre et de gens !
Quand
César est tombé pour rejoindre Pharaon
Quand
le Tzar et sa famille furent gommés
Quand
le caveau criera de stupeur et d'effroi
Et
que tu verras ton corps suer de senteurs
Susciter
les vers, nettoyer l'immonde chair…
Quand
les hordes d'insectes devant le corps maudit
Vomiront
leurs viscères en éclatant de nausées
Faute
d'échapper à ta tombe pour voler,
Et
fuir l'air de plomb,
Des
puanteurs que tu as polluées
Quand
les pierres du caveau
Grinceront
sur ta grotte
Et
que les pluies des pensée
Abrégeront tes prières
Ils
n'auront plus rien à se dire depuis,
C'est
la musique du refrain qui raconte.
Et
là, dans le noir de l'isolement, la peur,
Revanche
des martyrs et mérite des tyrans,
Qui
devra subir l'effroi et l'anéantissement ?
Qui
fera ces rêves d'extase pour l'Au-delà,
L'Eden
espéré pour jouir éternellement.
L'âme
pure, bénie du destin, loin des tourments
Et
des autres, l'esprit lavé de tout avilissement,
Sentir
musique des fleurs et les oiseaux des chants,
Écouter
la danse des parfums en chœur
Et
sur la beauté, prier éternellement .
La
foire est finie. On ramasse les ordures,
Les
gadgets qui ont servi de jouets,
Les
débris de plastics, les fleurs en papier.
Les
colis sont cousus, les tentes dépliées.
On
part, comme si on n’a jamais été.
Les
cochons morts, sont jetés par milliers
Dans
les rivières qui alimentent les caniveaux
La
Chine, le Maroc, le monde entier.
Tsunami,
guerres, explosions, incendies,
Les
meilleurs des méchants sont perdus.
Je
ne sens plus rien mes oreilles
Et
mes orteils sont lourds
Je
ne sens plus les parfums ni les odeurs
Je
ne sais plus passer les doigts sur les couleurs
Des
pétales ni effeuiller les fleurs.
Serais-je
déjà mort ?
Ai-je
jamais été vivant ?
Et
dans un trou pareil,
C'est
le comble du moment !
Chaque
mot est un poème,
Une
histoire, un ADN ,
Une
mémoire, un patrimoine
Chaque
mot est une chanson
Un
rythme, un mythe, une rengaine
Chaque
mot est un ordre une commande un message
Chaque
mot est un acte, une force, une volonté, un pouvoir
Chaque
mot est une vie, une existence, un jet en quête d'échos ,
Une
pierre sur un mont, un lac de cercles en vagues ,
Une
prière entre les mailles nébuleuses du ciel
Quand
les chiens des terrasses
Bravent
du haut de leurs tours les gens
Et
noient les rues et les avenues
De
leurs échos de bâtards
Je
ne suis qu'un humain, sans queue ni z'ailes
Et
je m'en veux d'être parfait aujourd'hui.
Dr
Idrissi My Ahmed,
Kénitra,
le 27 Avril 2013









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