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28 avril 2013

 

LE CIEL ET NOUS,
HABITACLES EN COLÈRE 




LE CIEL ET NOUS,
HABITACLES EN COLÈRE

Il est utopique que Dieu, selon les dires
N'ait créé comme astre vivant que la sphère !
La Terre, une goutte dans l'océan galactique,
Est-ce assez, pour la Vie de tout l'univers ?

Gite de corbeaux, des humains le calvaire,
Aire de sang, des vampires le cimetière.
Abattoir ultime des races faméliques,
Elle est des cannibales le couvert.

Et, s’Il n’existait pas, je parle de Dieu
Le Créateur, tout serait inutile et triste.
Parce que sans amants, l’amour est futile
Plus qu'il 'est vain aujourd'hui et virtuel.

Les feuilles valsent au vent avant de choir,
Sur terre à la fin du tango aérien.
Le pollen fleurit sur les ailes frêles
Des papillons. Ivresse des abeilles,
Le souffle de la vie nargue le néant.

Il pleut des étoiles et assez de grains,
Pour redonner vie à la terre entière,
Et la répéter comme un éternel refrain.

Ici foin de scorpions, de crocodiles
D'afarites ou d'araignées de Satan.
Zoo, si cher au Premier du Sultan,
Il n'y a que des moutons qui bêlent.




Scories assassines que l'on charrie,
Le registre des thèmes et des cultures varie.
N’est-ce pas les Aigles, et vous les Lions,
Que les prédateurs, fossiles retardataires,
Sont ici des chameaux et des sauriens.

Ondes ou éléments en leur fort intérieur
Vibrent, espèrent la vie et la persistance de soi.
Ce serait triste, inutile sans cela et stupide,
D'étendre le cosmos et d'élargir l'univers !

Triste spectacle d'un cirque ou d'un zoo,
D'un stade, sans joueurs ni spectateurs,
Avec la Terre seule, comme unique navire,
Et des hooligans pour la casser !



Des races glauques iniques et cruelles ,
Des forces qui s'entrechoquent et se déchirent
Exhibent Ton Nom, sans respect ni pudeur
Pour faire sombrer les cultes et les cultures
Qui Te sont voués et forcer dans l’Abîme
Le crime infâme et la honte au néant.

Et bien, divaguez, évaporez-vous,
Disparaissez, volez et priez,
Si vous n'avez pas honte de le faire !
Ou arrêtez cette peur de parler par pitié !







Où vont les pensées quand elles s'arrêtent
De nuire ou de plaire, de palabrer et de jouir ?
Où vont les pensées passées de chaque être ?
Ses prières confuses, ses humeurs délabrées,
Ses escharres et ses chairs,
Son souffle opprimé?

La mèche qui palpite
Sur le front arrogant,
Les sourcils de braise
Et les yeux flamboyants ?

Cette vrille dorée sur la photo en noir et blanc,
Les pétales qui se fanent enfermant le pistil ,
Ces graines qui s'envolent dans les airs ?



Toutes ces gouttes qui tombent du front,
Cette peur, cette plume, ces pluies et ces cris,
Ces vents de verdeur arrachés des lits
Et ces êtres fragiles depuis que la terre existe ?

Ces ondes et ces vagues,
Ces neiges et ces glaces fécondes,
Mille fois recyclées
Comme une valse érotique
Entre les éléments ?

Dans le vaste océan, des brumes et des vagues
Qui crient de vie sur le sable cadavérique et blond,
Se mêlent au minéral les terres et l'argile
Dont nous sommes faits, pour couler
En nous des sueurs et des peurs.


Ces milliards de réactions chimiques
Qui explosent en silence de leurs feux
Dans les tréfonds de nos cellules
Font de toi et de ta personne
Le caractère, l'humeur et le comportement !

Alchimies fantasques et mathématiques
Génie fulgurant de physique à chaque instant,
Qui fleurit la vie dans les arbres et les airs,
Les forêts et les mers dans les plus petit éléments,
Depuis que la terre est terre sous le soleil éclatant
Un défi au zéro du départ et face néant !

Ces parfums que tu exhales, vapeurs d'éthers,
Ces senteurs oubliées que je sais plus humer…
Maintenant que les odeurs me sont inconnues,
Ne demeure que l'âcre souvenir des flacons.

Le son creux du verre qui se vide,
Asséché par l'oubli du temps qui coule
Tinte dans mes oreilles son subtil écho.

Des mots étranges et fugitifs que tu profères
Il ne reste qu'un souvenir sombre, un simulacre.
Dans cette tombe que je suis et qui blasphème,
Palpite, avec en guise d'ailes et d'effroi,
Un linceul blanc, insensible au froid.

Harponnés aux haillons du corps décharné,
Des mailles qui le maintiennent arrimé à la vie,
Folie impossible, pari perdu face au néant ,
Le jour est un fossile crépusculaire de douleurs,
Qui refusent de faire le deuil de la vie.



Que reste-t-il de moi, de ces inutiles vingt ans,
De cette enfance oubliée, de ces passions osées ?
Je suis ce dont je me rappelle, un trois fois rien !
Et ça fait déjà combien de fugaces printemps ?

A dire vrai, pourquoi cette question  ?
Que reste-t-il des paysages que j'ai vus
De ces monts, de ces mets, de ces plages
De ces ambitions saugrenues,
Trop souvent rêveuses et contrariées ?

Quels souvenirs de ces merveilles
Imaginaires qui se sont tues,
Des mouvements dans le rêve,
Et dans ces autres vies ?



Que reste-t-il en moi
Des songes et des cauchemars d 'autrui ?
Des rues sans nom, des maisons hantées,
Sans sens aucun depuis
Qu'elles sont fauchées.

Je pense à la Syrie, au Liban, à l'Irak à l'Iran,
A la Grèce olympique et à la Rome antique,
Que reste-il des dieux laïcs, de leurs pas effacés,
De nos traces andalouses dans la civilisation ?

Qu'ont-ils les anges de mieux que moi ,
Qu'ont-ils fait pour mériter de voler ?
Je veux les dépasser, tout en étant de chair
D'argile et sur Terre, de surcroît !



J'ai découvert l'amour et j'ai décidé d'aimer
J'ai déçu l'amour dès que je l'ai rencontré.
Je T'ai découvert  en regardant le soleil
Le ciel immensément vague et brillant.

Je t'ai découvert avant de Te voir
Car tu m'as fait avant de commencer la vie
Mon confort, quelle que soit la place où je dors
Là où je vis je sais que ce n'est que pour un jour.

Pourquoi rêver si nos jours sont arrêtés ?
Si la mémoire, les muscles et les os flanchent
J'ai essayé sans m'essouffler d'être bien,
Sans devoir être riche,
Riche de ma personne,
Respecté de défier quiconque
En quatre-quatre superbe ou en avion cargo…

Et ça n'a pas marché, ou presque
Trop timide, pudique et respectueux,
Excusant tout un chacun, par humilité,
Tel un bouddhiste, je suis devenu pieux !
Par faiblesse, certainement !
Ou parce que je suis devenu vieux ?

J'ai trop courbé la tête, essayant de m'adapter.
Mais cet exercice, encore une fois a raté.
J'essaie de me refaire une autre partie ?
Ailleurs, selon mes modalités : un corps
Plus fort et des méninges moins rabougries.

Je ne sais si l'esprit du Moi va s'en rappeler,
Habitué, je me sais à de fréquents oublis ?
A quoi bon se remémorer les échecs
Si l'on bénéficie dès le départ
D'une autre vie ?
Ici, c'est un pape qui sourit par piété,
Voiture sans vitres ni gardes,
Embrassant un myopathe
Lavant les pieds d'un enfant.

Là, un potentat,
Qui les tue par centaines de milliers.
Là, on n'est pas sorti des guerres de cent ans.
Ici, ce sont les croisades, autres dieux, odieuses gens.
Là, c'est Napo qui ressuscite, Hitler qui revient.
Ici, reptiles et crocodiles s'adonnent à cœur joie.
Là, ce sont les mêmes noirs que se déchirent
Ici, les fidèles d'une même religion,
Au point de faire croire à la fin du monde.
L'Apocalypse appelle la Résurrection !
Dieu, tiens à Tes promesses !
Fait venir le futur, allons ailleurs !
Changeons de songes, de terre et de gens !

Quand César est tombé pour rejoindre Pharaon
Quand le Tzar et sa famille furent gommés
Quand le caveau criera de stupeur et d'effroi
Et que tu verras ton corps suer de senteurs
Susciter les vers, nettoyer l'immonde chair…

Quand les hordes d'insectes devant le corps maudit
Vomiront leurs viscères en éclatant  de nausées
Faute d'échapper à ta tombe pour voler,
Et fuir l'air de plomb,
Des puanteurs que tu as polluées






Quand les pierres du caveau
Grinceront sur ta grotte
Et que les pluies des pensée
Abrégeront tes prières
Ils n'auront plus rien à se dire depuis,
C'est la musique du refrain qui raconte.

Et là, dans le noir de l'isolement, la peur,
Revanche des martyrs et mérite des tyrans,
Qui devra subir l'effroi et l'anéantissement ?
Qui fera ces rêves d'extase pour l'Au-delà,
L'Eden espéré pour jouir éternellement.

L'âme pure, bénie du destin, loin des tourments
Et des autres, l'esprit lavé de tout avilissement,
Sentir musique des fleurs et les oiseaux des chants,
Écouter la danse des parfums en chœur
Et sur la beauté, prier éternellement .

La foire est finie. On ramasse les ordures,
Les gadgets  qui ont servi de jouets,
Les débris de plastics, les fleurs en papier.
Les colis sont cousus, les tentes dépliées.

On part, comme si on n’a jamais été.
Les cochons morts, sont jetés par milliers
Dans les rivières qui alimentent les caniveaux
La Chine, le Maroc, le monde entier.

Tsunami, guerres, explosions, incendies,
Les meilleurs des méchants sont perdus.


Je ne sens plus rien mes oreilles
Et mes orteils sont lourds
Je ne sens plus les parfums ni les odeurs
Je ne sais plus passer les doigts sur les couleurs
Des pétales ni effeuiller les fleurs.
Serais-je déjà mort ?
Ai-je jamais été vivant ?
Et dans un trou pareil,
C'est le comble du moment !

Chaque mot est un poème,
Une histoire, un ADN ,
Une mémoire, un patrimoine
Chaque mot est une chanson
Un rythme, un mythe, une rengaine
Chaque mot est un ordre une commande un message
Chaque mot est un acte, une force, une volonté, un pouvoir
Chaque mot est une vie, une existence, un jet en quête d'échos ,
Une pierre sur un mont, un lac de cercles en vagues ,
Une prière entre les mailles nébuleuses du ciel

Quand les chiens des terrasses
Bravent du haut de leurs tours les gens
Et noient les rues et les avenues
De leurs échos de bâtards

Je ne suis qu'un humain, sans queue ni z'ailes
Et je m'en veux d'être parfait aujourd'hui.

Dr Idrissi My Ahmed,
Kénitra, le 27 Avril 2013  

30 mars 2013

FICTION : EN ATTENTE SUR LE BORD DU TROTTOIR





En attente sur le bord du trottoir,





En attente sur le bord du trottoir, oui nous avons des trottoirs, j'observe ce large fossé que je dois éviter, pour fuir le feu, qui dit-on est au centre de la terre. Le puits de Satan, c'est par là. Les autorités démunies si pales, sont payées, anoblies, ministrabilisées, pour ça ? Nous faire sentir, tant que ce n'est pas trop tard, de notre vivant, les affres de l'enfer, la sanction divine. Une vision terrestre, miraculeuse de la Géhenne. Quelle meilleures vision et icône pour dissuader de l'enfer les impénitents que nous sommes! Des trous, des ravins en plein macadam, madame, pour pré-visionner et voir de près, sans y plonger, notre futur. Là sous nos pas, à l’intérieur de la boule de feu, la matrice incandescente de notre mère, la Terre.

En attente sur le bord du trottoir, j'observe ce large fossé que je dois éviter, donc, en sortant de la place des martyrs ! Qui donc furent-ils ces martyrs, ces anonymes ? Par manque d'hommages, inconstance ou félonie, sans mémoire de leurs sacrifices, on les dessert ostensiblement. Sans aucun orgueil ni jalousie, on les déshonore en négligeant la place qui porte leur nom collectif. Là, dans cette ville qui a changé le nom de son illustre fondateur. Le maréchal Lyautey, qui a pensé son port fluvial. Lui qui a façonné l’Etat suranné et figé, reconstruit le pays marécageux, en le sortant de ses décombres caillouteux, de ses ruines et de ses archaïsmes. Là, dans cette nation, enfin libérée pour les siens, aux dépens de leur vie, on oublie…



En attente, sur le bord du trottoir, je pense aux satrapes et autres prédateurs qu'ils ont chassés ! Martyrs et tyrans sont-ils partis des terres de l'Islam ? Aux sacrifices ultimes qu'ils ont consentis pour l’Indépendance ! Mot partiel, qui ne dit pas sa relativité et qui reste comme un os entravé dans la gorge. Et si ce n’était que factice, un acte semi accompli, un fait impossible de nos jours, où l’on s’est mondialisé ! Eclatés par tant de crises et de conflits qui ont fait parjurer le Nationalisme. Tant et tant de complaisance et de partages, de cessions et de résignation, de concussions et de connivences, de collusions et d’accointances, et de guerre larvée, froide mais en effervescence ! Il reste leur souvenir vague, anonyme, ce pâté de maisons fut construit par un vieux colon pour y loger les plus modernes des indigènes, à deux pas du Mellah, à un pont, de la civilisation, des notables et de l'élite étrangère qui construisit cette ville de Kénitra ! N'allez pas dire que je chante le passé ou que je regrette l'esclavage et la discrimination !



En attente, sur le bord du trottoir, je pensais à cette complainte de Sainte Student : « Ceux qui m’ont giflé un jour, sont morts depuis. Leurs maîtres sont dans la tombe et l’oubli. Mais ma joue garde, impuissante une honte. Eternelle martyr des tyrans et des dictateurs, je m’en remets à Dieu. Ce qui n’est pas fini partira, aveugle, sous Ses yeux. Et il ne reste de l’ennemi froid que l’ennui. Il n’est dur que ce qui dure. Par ces temps durs, n’est dur que le pain, quand rien ne va aux pauvres pour le ramollir. ». In "Justices, droits et libertés au pays du Sud".









En attente, sur le bord du trottoir, ce sont les tomates exposées dans cette échoppe, belles, mures, tendues, d'un rouge tendre et violent, fraîches et jeunes, qui m'ont interpellé. Ou il les vend toutes aujourd'hui, ou qu'elles seront défraichies, fripées et ramollies, acides et âcres. Si elles ne sont pas vendues et consommées avant demain ! Quelle grosse perte pour un si petit capital. c'est un crime que de louper les fruits et de les jeter non consommés, dans un pays jeune, peuplé fortement de démunis. La jeunesse est une question de laps de temps. Une denrée non conservable, un état passager, racoleur, enchanteur, trompeur ? Une phase utile pour un court instant. Et pschitt ! Solution, il faut consommer sa jeunesse, en jouir et la faire perdurer. La jeunesse, c'est la santé, la force, la beauté avec quelques défaut en plus.



Et dire que les grosses légumes font dans l'agriculture, détaxée, pour nourrir le peuple, à bas frais ! Slogan pour des exportateurs ! A leur défense, avalisons cette excuse. Acceptons que les risques et les aléas climatiques sont énormes et qu'ils font travailler les gens. Je risque de fâcher ceux qui savent lire sans me rapprocher un brin, de ceux que je défends et qui l'ignorent. Je n'ai rien qui ne soit pas dans le paradoxe et la parabole.

En attente sur le bord du trottoir, je vois passer une jeune fille aux mèches blondes, potelée, dans le simple apparat de la simplicité du quartier. Elle hèle le vieux marchand, qui en tarbouche gris et moustache, semblait être simplement assis ! Là, sur sa chaise, sur ce trottoir, à côté de son échoppe, pour regarder les passants et chasser cette monotonie qu'on lui devine, à cet âge et qui se lisait sur son visage impassible.



Son voisin a terminé de fumer son sebsi*. Une pointe de kif, grille dans le calumet, pour arrondir les images de ce monde brulant et la complainte de soi comme sombre acteur, une ombre dans le spectacle. Son verre de thé à la menthe, fume, offrant une image rare de ces microparticules, de ces vapeurs, qui remontent vers le ciel. Est-ce que le bon Dieu décide aussi du cours de ces petits nuages ? Partout à travers le monde ? Ou, qu’Il laisse faire la physique et la chimie, les lois qu’il a décrétées et qui régissent les choses et l’univers, leur évolution et leurs hasards…La fumée sortant du verre lance encore ses senteurs et le gout musqué sur les lèvres du bienheureux fumeur semble faire son effet...On sent émaner la sérénité et on la voit planer avec bonheur.



Le maraîcher scrute sa montre plusieurs fois, sans cesser de contempler le minaret. Son rythme nycthéméral est réglé sur l'horaire des prières. Un pilier qui axe sa vie. Un crédo, un espoir, qui reste des plus importants dans la vie d’ici-bas et celle d’ailleurs. Le lien, la communion, la communication avec Dieu, le trait d’union est pour lui, la prière ! Il se lève néanmoins pour servir la jeune cliente, laissant ses idées extatiques, dans les fumées du verre, pour y réfléchir, un peu plus tard.



En attente sur le bord du trottoir…Je ne sais ce qu'il lui a vendu, des tomates, des courgettes, des carottes ou des piments verts ? Mon regard a été surpris par un homme qui sortait du magasin voisin. Son pantalon en relief, est soulevé par un membre en érection. A cette heure-ci, mon Dieu ? Il sort peut-être d'une sieste. Ou que son regard ait été frappé par celui de cette jeunesse. Celui de cette fille qui le frôlait, à plus de trois mètres de là ! Magnétique fantasme, magie des regards, qui réchauffent instantanément les humeurs, soulèvent les pagnes et les fanions, en hissant leurs couleurs !



En face donc, c'est un minaret qu'on érige aussi, et qui monte ! Hissé sur le coin d'une maisonnette de la place. Il est encore nu. Le mortier est encore frais, sans décorations ni mosaïques, mais il monte quand même des prières vers le ciel.

En attente sur le bord du trottoir, je pense aux scènes de cette semaine. Non loin sur cette place, j'ai noté cette image qui s’est répétée plusieurs fois devant moi. La dernière feuille d'un arbre palpite sur la branche nue qui la porte en tremblant. Un des rares platanes que les assassins n’on pas estropié, pillé, sabré, sabordé pour en vendre les branches.



Et puis, cette ombre furtive, celle d'un pigeon sédentaire, qui arpentait la terrasse, en roucoulant et en dodelinant de la tête. Il passe furtivement et s'échappe, caché par l'ombre des bambous qui penchent leurs têtes sous le vent. La colombe passe. Elle est l'un de ces oiseaux, délicats et libres, calmes et fiers, qui habitent le jardin. La palombe est voisine de ces gaies cigognes. Ces ptérodactyles sans gênes, qui hier encore et une semaine avant, coïtaient sans pudeur au dessus de la tête des passants ! Surprenants délices dans les airs, ou presque. Une symphonie érotique, de bon matin et en clair !

 




Circulez, il n'y a pas de censure dans les airs. Toutes affairées au même moment, en même temps, pour le même concert ! La symphonie des cigognes qui claquettent ou caquette sans quéquettes ! Nos amis les bêtes, les moins bêtes s'honorent de jouir en liberté et de toute les libertés. Il faut se laisser pousser des ailes pour sentir ce privilège. Les anges ont des ailes. Devinez ce qu'il nous faut faire pour comprendre le chant des cigognes, leur plaisir de s'envoyer en l'air, de planer près des nuages, en regardant la terre tourner en bas, portés par des vents frémissants chargés d'odeurs.


Les humeurs, les hormones, sont les moteurs de l'instinct. Des fonctions temporelles, décidées, déclenchées par la température et le climat. Les oiseaux et les hommes, ne font qu’obéir aux réactions chimiques qui leur dictent leurs penchants et leurs actions. Comme quoi, la chaleur du climat nous met en chaleur aussi, enflammant nos viscères et mettant nos instincts en action.



Que disent donc les feuilles vertes et brunes, qui emplissent encore les branches, décrivant un jeu incessant en dansant ? Elles ne savent pas qu'elles vont tomber sous la houle des chants de sirènes. Inconscientes, elles dansent et chantent à leur perte. Leurs dernières volontés sont peut-être, de mourir en dansant. Chacune décrit des sinusoïdes, inlassables et folles, des transes palpitantes et dérisoires. Peut-être pas inutiles, comme ces finales de théâtre, où les danseuses coincées par le rythme d'un opéra! Des hologrammes, qui continuent de danser sur les planches, tournant et haletant, alors que la musique s'est tue. Alors que les derniers spectateurs, squattant leurs furies extatiques, ne veulent pas les lâcher du regard, pris eux-mêmes, par la magie magnétique, fascinés par le même mouvement, scandant, quasi inconscients, le rythme qui les emporte vers l'extase.



Je pensais sur ce trottoir où ne je passais jamais, que c'est leur fin de cycle ou le réveil ? La transformation des organismes, de leurs structures et de leurs éléments ! Je parle des feuilles d'arbres. La conversion en débris élémentaires pour se recycler autrement. Ersatz de philosophie et de mythes, de métempsychoses et de réincarnation ? Banalités ou balivernes ? Je parle de nos corps charnels. Ces recomposions, recyclages et recombinaisons, de visu ou contemporains, ne gardent rien, physiquement comme souvenirs. La mémoire qui fait l'un, la personne, l'entité première, l'être qui voit sa fin ! Je parle des corps et non de l'esprit potentiel, l'âme qui est espérée nous habiter…. pour nous rendre eternels. Je parle du visible et non de l'imperceptible, dont nous n'avons nul organe des sens pour l'identifier, en dehors de la foi.



Des gouttelettes restent appendues sur le fils d'étendage, oubliées du vent, collantes au fil d'étendage qui retient leur vie, leur existence, leur identité de gouttelettes, issues sans le savoir, d'un nuage céleste, avant de glisser sur le sol et de couler dans la gouttière pour se jeter dans le jardin. Humecter les racines, reprendre vie dans les feuilles de cet arbre, un jour, pas très loin est la suite plausible de leur destin ! Peut-être, dans un fruit que je vais cueillir et manger ou qui sera happé, jeune ou mur, par le bec de l'un des hôtes de ce jardin. Une femelle qui pondra un œuf, un oiseau qui s'envolera, combiné en partie de cette eau, de ces gouttes qui tremblent sur le fil, avant de tomber sur le sol ou de s'évaporer de nouveau !



Ces gouttes vont former le bout d'un futur nuage. Accrochés comme des froufrous de cotonnade rouge et de dentelles, ils nimbent les nuages estompés de gris. Des gris menaçants ou prometteurs, chargés d'eau ou de neiges, selon les hauteurs qui les arrêteront. Un arc-en-ciel m'offre un plaisir inouï, comme ces ors enchanteurs, qui dommage, se ternissent dans la nuit, en voyageant ailleurs.



L'appel du muezzin me surprend sur le trottoir. Le soir tombe, la nuit s'étend. La cacophonie des chiens des chiens, ne cesse qu'avec le sommeil épuisé et rageur de leurs victimes. Tranquillisés par les cyniques bêtes, leurs satanés maîtres dorment en paix, narguant les voisins, comme les éventuels voleurs. Une voix sort de la nuit, puis des voix sortent du calme retrouvé. Elles rompent avec les bruits des roues matinales, qui vrombissent et claquent sur le macadam, insultant ceux qui détériorent les boulevards, ceux qui les hérissent de dos d'ânes. Images de ce qu'ils sont, quand ils ne les réparent pas !



Les voix embellies fusent de partout pour appeler à la prière, au travail, à la rédemption ou à l'amour ! Appel aux musulmans pour cesser les insultes, les récriminations et les querelles. Chacun des muezzins chante à sa façon. Un jour nouveau se lève. Moments rares que partagent nos quartiers, nos villes sans exceptions. L'aube nouvelle est un défi, un miracle, renouvelé sur terre !



Devant l'écran que tu as allumé par instinct, pour tenir te compagnie ou t'informer, voici des images d'acteurs morts. Tu as oublié souvent leurs noms et ces vieux films défient la mémoire. Tu veux écrire à propos de la vie, des éléments, du hasard et des mouvements furtifs. Le hasard naît-il de leurs mouvements, ou est-ce le résultat, du calcul attendu de leurs mouvements précis ? Futiles et fugaces, insignifiants, mais sacrément rares et uniques. Et s'il fallait regarder en soi, chacune de nos cellules, chaque brin d'aliment, ces réactions ces actions pour manger, digérer, assimiler, respirer, penser et écrire ! Des actes banaux, courants et insensibles, qui sont aussi des miracles, indépendant de notre volonté ! Comme quoi, on marche tout seul ! Vous allez penser que je vois des miracles partout. C'est fantastique, seulement !



Sur le trottoir, je pensais à cet autre garçon qui passait, rue des Martyrs, ses mèches de cheveux et ses boucles au vent, oscillantes et tremblantes sous la dynamique de ses pas et de son déplacement rapide. D'une main, il les ramène sur le front. Moment exceptionnel où les passants se font rares et où l'on peut réfléchir et observer les passants et les stationnaires ! Tel ce vieux marchand de légumes. Quelle est l’importance de ce geste ? A l’instar de ces ‘’furtivités inutiles’’. Est –il comptabilisé, en haut ?

La rue est bondée normalement, comme un bus aux heures de pointe. On n'y pense pas, on passe, on ne pense qu'à passer ! Il y a tant de confusions et tant de badauds affairés, que les yeux troublés par cette profusion d'images ne peuvent laisser réfléchir ! Harcelés par les mendiants et les mâles surexcités et déboulonnés, la sécurité des gens dans ce milieu est précaire. Je pense à ces femmes volées ici ou là, à ces autres violées par des groupes d'hindous, en temps de paix. A ces autres élèves et étudiantes, tuées, explosées par les forces de Bachar en Syrie, avant ou après avoir été humiliées.


En attente sur le bord du trottoir, j’ai du relever les vitres de la voiture, plus par précaution que par crainte. Se faire attaquer est devenu un risque patent. Se faire voler ou blesser par les pickpockets est fréquent. Des déréglés sociaux, dégâts sociétaux, véritables scories de l’humanité, exacerbés par les drogues et les manques, ils deviennent plus excité, inciviques, amoraux, à un poil du crime qu’ils alimentent. La culture limite, la formation en moins, l’opportunité du travail, absente, ajouté à la difficulté du sexe ou à la contraction de mariages, les poussent directement au vol, aux viols et aux meurtres. Les mâles deviennent des maniaques, des accros en manque, si dangereux qu'ils sont capables d’escroquer, furieux pire que des bêtes sauvages enragées. Des zombies drogués. Lames au poing ou sabres en main, ils n'ont aucun frein aucune forme de moralité comme garde-fous pour contenir leurs excès, leurs exactions ou leurs émois. Ils ont perdu tout sentiment de honte, de pudeur, de respect ou de peur. L’ont-ils reçu un jour ? Ce qui leur donne le courage de défier la logique et la raison, la peur, pour s'attaquer de jour et de nuit aux gens. La prison, ils connaissent. Elle leur sert de refuge et de halte, de vacances payées, voire de dortoirs sécuritaires, s’ils échappent aux barons et caciques qui les peuplent en y faisant la loi !



En attente sur le bord du trottoir, je pensais à ces avatars d'humains ! A ce sang qui coule, ôtant de fait à ‘’l'humanité’’, ce triste qualificatif qu'elle colporte injustement. A ces schismes divers, à ces clans, à ces minorités qu'on décime, à ces tribus sorties de la cuisse de Jupiter, à ces discriminations mortelles, commises par des assassins, toutes races confondues, au nom de tel ou tel Dieu ! Etats diaboliques et voyous se jettent la responsabilité et les invectives. Pour justifier la volonté de puissance, le pouvoir, la prédation, le vol ou le crime, qui permet aux démocrates pervertis, aux extrémistes éperdus ou loufoques, de pourfendre autrui dans l’optique de le gommer. Terres, vies et biens ! Un droit de vie et de mort, largement étendu sur les minorités, pour les liquider, les vider de leurs territoires ! On voit ça partout tous les jours. Au nom de la démocratie, de dieu, (lequel ?), ou de la modernité, (laquelle ?), du droit de chacun, (mon œil !). Au nom d’une religion, d’une tribu ou d'un passé compassé, faussaire et reptilien, dépassé. Pour s’accaparer un tribut ou l’Eden, en récompense, des sacrifices et des meurtres ! Au nom d’une résurgence des temps abéliens, noétiques ou abrahamiques pour appliquer la terreur et les ethnocides. Oui, où sont partis mes camarades juifs, espagnols, français et algériens ? Et ces Birmans qui se mêlent de la ‘’partie homicide’’, pour ‘’bouffer’’ les ressortissants de leur propre pays, parce qu'ils ont d'autres coutumes, une opinion différente du même dieu ! Et ces ‘’horribles ignares’’, j’allais écrire ‘’putains de cons’’, mais je vous respecte, et qui se battent, toutes tribus confondues, au nom de ce même Dieu, alors qu'il leur enjoint de s'aimer. Pas plus ‘’bêtes’’ que les ineptes clans d'Irak ou d’Iran, qui levés les uns contre les autres, s'éclatent par centaines, chaque jour, depuis qu'on a pendu Saddam qui savait les calmer, malgré leur animosités schismatiques !



En attente sur le bord du trottoir, je pensais à ces mosquées, à ces livres, à ces monuments qu'on éclate, à ces musées que l'on pille et saccage, dans ces pays que l'on dévaste et que l'on fractionne. Au nom de la sécurité et de la démocratie ! Mon œil ! A ces clans que l'on pousse au meurtre et qui s'entretuent. A ces bâtiments qui explosent et ces infrastructures coûteuses qui croulent. A ces fumées de dynamite, à ces explosions toxiques qui empoisonnent les gens, le ciel ! Ou le bon Dieu lui-même ? L'atmosphère de duplicité et de mensonges assombrit tout crédit en cette modernité, en ces sciences et techniques apparentes de la civilisation ! Voici donc des tribus et des ethnies, aux dogmes fanatisés, fiers exclusifs de leurs races, de leur pureté et de leurs puissances, des héritages ataviques et des haines cumulées dans leurs clans qui s’opposent les unes aux autres, à l’intérieur même de leur différentes religions. Les tribus tuent leur civilisation. On a dit que les civilisations savaient qu'elles étaient mortelles. Mais là, ce ne sont pas de simples morts, ce sont des meurtres, des crimes autant que des autolyses. Au nom du Père, du Créateur, de Dieu, le même, puisque dans leurs différences hypertrophiées, de costumes et de couleurs, ils n’en connaissent qu’un. Depuis que l’Olympe s’est effondré et qu’Abraham, l’ancêtre est sorti des flammes !



En attente sur le bord du trottoir, je vois encore ces arbres coupés qui donnent l'aspect de condamnés à mort. Victimes inermes d’une inquisition municipale locale. J’ai souvenir, avant leur taille sauvage, de ces faux poivriers du boulevard, pas plus heureux que les platanes ! De leurs feuilles vernissées, mais vaines, qui brillaient avant de partir, coupées de leurs minuscules grappes de ‘’raisins rouges’’. Je vois encore sous les palmes, près des sables et des vagues, ces danseuses des îles. Palmiers et saules pleureurs, couronnés de bougainvilliers multicolores, plantaient les décors d’uns scène paradisiaque…Des pas légers sur des pétales de fleurs multicolores. On sent d’ici leurs pieds parfumés aux anneaux d’or…Des sons et des lumières, qui rythment les corps de leur souplesse juvénile. Au milieu des chants et des pas du tamtam, quelle beauté et quelle élégance dans le style ! Mais ça, c’est ailleurs, vous pouvez en rêver !



Toujours en attente sur le bord du trottoir, s'il m’est venu de penser à toutes ces chimies du corps, celles des bêtes et des chiens de mes voisins, leurs fumées asphyxiantes, leurs nauséabondes. A ceux d'à-côté, de cette autre ville, des cités surpeuplées par delà l’océan. Que sont devenus nos parents partis et ces fossiles marbrés qui ont peuplé cette planète terre ? Ses sables, ses calcaires, ses poissons, leurs émanations, leurs viscères. Devenus des tables de marbre, des cendriers décorés de restes de coquillages, des squelettes dénudés, hôtes honorables et précieux des musées de l’extérieur. Aux parfums de Paris et au goût des glaces pleines de senteurs…Halte un moment sur ces souvenirs, revenons sur terre et regardons ensemble le ciel. Puis là haut, ces autres sphères qui resplendissent le soir comme des étoiles…Je reste épaté, hanté par tant de choses subliminales. Par ces miracles que je côtoie sans les comprendre, anosmique, aveuglé par la beauté sublime de la Création et la pénurie de mes moyens.


Toujours en attente…Ces instants factices, futiles, dont nous remplissons nos vies, croyant qu’on laisse quelque chose d'utile pour l'avenir…passent sans retour. Ont-ils existé seulement, pour croire que chaque être a eu sa part de vie ? Ont-ils rempli nos vies ? Chaque être a le sentiment d’avoir accompli ou raté sa vie. Peu sont satisfaits au moment de partir… Les monarques, les génies, les savants, plus que les simples gens, laissent des sciences, des marques, des inventions, des techniques, des livres, des monuments, des souvenirs. Le commun des mortels, passe, il sent parfois, malade, fragile ou pauvre, au milieu la dureté, un peu de ratés et beaucoup de vide ! L’inutilité sienne, très commune, ou celle de la vie ? Une durée raccourcie, à peine rythmée, pour certains de quelques instants de bonheur…Encore que élémentaires…Les être pour leur immense majorité naissent et passent..



Sur le bord du trottoir, états arrogants et superbes, ces tyrans et leurs acolytes, à travers les peuples soumis ou défaits, défient nos libertés et tracent s’ils ne décident de nos destinées. Ces états d'âmes et ces actions sur lesquels nous avons glissé, sur lesquels nous allons être jugés ou sanctionnés. Demain, ici ou ailleurs, dans l’Au-delà, les ressentent-ils ? Là sous nos pas, à l’intérieur de la boule de feu, la matrice incandescente de notre mère, la Terre...Ils sont en attente sur le bord ravin ou du trottoir.



Dr Idrissi My Ahmed, Kénitra, le 30 mars 2013


_________________
DR IDRISSI MY AHMED
aamm25@gmail.com

23 mars 2013

RELAX, BON WEEK END AVEC CES CHILOUT




http://www.youtube.com/watch?v=KJpkrVwRyns

http://www.youtube.com/watch?v=Nwt5GiaAS9Y

http://www.youtube.com/watch?v=4hrdn3bIMEs

http://www.youtube.com/watch?v=IHUDmb3-uvU












http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=g8lyV7LwY6k

9 mars 2013

 A LA GLOIRE DE DIEU 


'' 'A NAJJOUT '''

Dieu, lit-il le langage des feuilles ? 
Et sans quel sens, s’il a des yeux ? 
De gauche à droite, de bas en haut, 
En 3D ou plus ? Et dans quelle langue? 

Est-il jaune, comme nous, ou noir d’ébène ? 
Est-il blond et beau ? Et de quelle religion ? 
Quelle langue ou patois comprend-il le mieux ? 
Le langage du cœur, celui des sentiments ? 
Est-il jeune ou tel cette icône de vieux ? 

Les pensées conscientes, les mieux tues 
Comme celles qui ne sont imaginées, 
Le bonheur, les tourments ou la rage 
N’ont aucun secret pour sa science ! 

S'il perçoit le halètement du papillon, 
Le cri des oiseaux, la moue de l'enfant, 
Le dol des patients, les balbutiements 
N'ont aucun secret pour lui et ses agents ! 

Que signifient les louanges des fleurs 
Et les parfums des prières à ses yeux ? 
Est-ce qu’il voit les films comme nous 
Ou qu’il les dirige avant d’être écrits ? 
Tel cet opéra cosmique qui ne cesse de tourner ! 

Se baigne-t-il dans les eaux du firmament ? 
Sur les sables et les écumes du temps, 
Sur ces vagues de dentelles que les nuages 
Ornent de frises comme des portées de chants ? 

Te souviens-tu de ces dunes chaudes, 
Des vagues frissonnantes du couchant ? 
A Mehdia plage, notre Gange et Niagara, 
Alors que pariant sous la lune pleine 
Tu osais te baigner seule, sous les éclats 
De rires, de tes somptueux printemps ?

Des larmes chaudes, éthérées sous le vent, 
Coulent sur les lèvres et les joues des amants. 
Ils regardent les voiles danser au loin, 
Sous les effluves palpitants des éléments : 
Ce sont les souffles d’Allah pour la création .

Il n'est ni lumière ni particules ni photons, 
Car la lueur vient du soleil et s’étend 
Jusqu’aux étoiles qui un jour , s'éteindront ! 
Or l'eternel Dieu,Yahvé? Allah, est toujours là !

Dieu, adore se balader seul, 
Au dessus des massifs de fleurs 
Au son des louanges et des chants. 
Pour partager notre bonheur. 

Il y a une raison, un but, à tout cela. 
Le cosmos a bien commencé un jour ! 
Il a eu besoin de beaucoup d’énergie 
Pour créer l’espace et le temps
Ceux qui sont là, nesont pas vainement !

Il est fait de volonté et de prières 
Des milliards de milliards d'étoiles
Qui jamais ne cesseront 
De célébrer ses louanges 
En élargissant l'espace 
Et le temps qui s'étendront ..

Mais, est-il à jour pour son loyer,
Lui le vrai roi, qui occupe tout ça ?
Vit-il d'une rente ou d'un royal salaire? 
S'il n’est point élu pour un seul mandat !

Cette profusion de vies et de planètes 
Sont créées pour son plaisir et sa joie. 
Abeilles, fleurs, singes ou géants,
Nous sommes les pantins du cinéma.

S'il possède le pays et domine son aire, 
Paie-t-il des taxes sur ses fermes de roi, 
Ses terres mosaïques, le Maroc, l’Afrique 
Le cosmos, l'univers et l’espace infini ? 

Comment fait-il pour donner ses ordres 
A nos chefs, aux nuages, à nos mers, 
Aux volcans et aux astres qui tournent ? 
aux plantes pour faire des médicaments* 

Bonté divine, qu’ont-ils à être méchants 
Ces richissimes idoles et illustres manants ? 

Qu’il laisse un fils pour l’imiter sur terre, 
Et faire un seul état dans ce vaste chantier, 
Afin de pacifier ce patelin guerrier 
Et ses chefs du tonnerre ! 

Si c’était prévu, pourquoi cette croix de sang ? 
Que ne l'a-t-il sauvé des lances et des flèches, 
Comme tant d’autres, des flammes et des eaux ? 

Et pourquoi les femmes vieillissent-elles ? 
Qu'on tue les animaux et enterre les morts ? 
Ils devraient rester jeunes pour servir la vie 
Embaumer ton royaume, tel une prairie. 
Respirer sa beauté, te louer, Seigneur 
Auteur de génie, toi qui façonne l’univers 

Est-ce que les anges tombent malades 
Est-ce qu’ils dépriment et pleurent 
A perdre leur zèle et leurs plumes? 

J’ai vu l’un deux ce matin même 
En sortant, il ou elle, avait une larme, 
Qui la rendait beaucoup plus belle. 
Emue de bonheur, la paix dans les yeux, 
On aurait cru qu’elle voyait le bon dieu ! 

Que n'a-t-il donné aux hommes des ailes 
Pour s'approcher de lui un peu plus, un peu, 
Au lieu de le feindre, de geindre et de fuir ? 

13 février 2013

 Sadness


Des mots légers pour dire des maux lourds
Séquences médicales géniales
Un cliché local sur Kénitra
.
Je suis un nationaliste de ma ville :
Celle où je loge !
Quels que soient ma race, mon travail
Ma tribu, mon clan mon chef ou ma religion !
Voici une image de mon pays
Kenitra et régions
.
Blague à part, ô cités de la civilisation,
A Fez, Casa, Rabat, Marrakech, Agadir ou Oujda !
Avons-nous les mêmes problèmes,
Dans nos rues et nos artères ?
.
Je ne parle ni de la myasthénie grave
Ni des taxes vindicatives sur les soins
Ou de la taxes de douane sur les médicaments
Je ne parle pas du sucre ou du cholestérol
Qui font leurs boulots de déments.
.
Je ne parle pas des sit-in
jeunes marcheurs en rupture de ban
Vous avez rejoins, sans le comprendre,
Les agitateurs et les pros des syndicats !
On vous a entendu de là-haut ! ô merveille !
Pour la patrie pacifique, c’est une prouesse
Et la victoire d’une cause, pour le bien !
.
Je ne parle pas, je ne parlerai pas
Des marches inlassables à la mode arabe
Ou de la réforme mauresque de la constitution
Mais de ces incapables...
.
Ceux qui se sont vautrés dans le pouvoir
Et la rapine oubliant le macadam, ses ravines,
Ses tranchées et ses trous noirs !
Mais, c’est vrai qu’il y a des travaux !
.
Je ne parle ni des écoles ni du pouvoir central,
Ni du cosmos ou de la législation de dieu
Ni de la santé qui râle ou des tribunaux en grève.
Encore moins de la régionalisation
Je laisse cela aux plus compétents
Et à ceux qui ont quelques intérêts la dedans
Ou une ordonnance divine sur la création !
.
Je ne parle ni des finances ni de l’enseignement,
Ni des communes saignées au noir a blanc.
Par les compétences limites, les nuls,
Ou les chômages incessants, les grèves,
Mais, qui en sont une sobre illustration
Et que tu décries et dénonces, maintenant.
.
Je parle au futur, du passe décomposé.
De nos jeunes, oubliés, jadis écrasés !,
Je parle des élus passés aux lourds passifs,
De ces vieux et funestes fêtards, éteints en retard!
De ceux qui sont heureusement, défunts.
.
Et de ceux laisses en course et influents,
Dans les sordides blanchiments, dit-on !
Mais dis, ce sont eux qui font que ça bouge
Et travaille sur les chantiers et les champs
.
En trompant, en complotant, en écartant,
En menaçant, en faisant mine de démocratie
Et d’élections, en aguichant, en chantant,
Pour la rime, en rompant le plus souvent,
En truquant les chiffres, savamment,
Pendant des décennies ouvertement !
.


Je parle de nos mots,
Du passé et non de l’avenir ou du présent
Je ne parle qu’a demi-maux étalés
De nos actuels et illustres gestionnaires,
Ecrasés par les retards, la malédiction
Les malfaçons antérieures,
Je dis cela pour les dédouaner,
En partie, mais honnêtement !
.
Je vais me faire haïr bêtement !
Par les morts ? Je le dis éperdument !
Ou de leurs petits compères,
Qui sont en train de tramer dans les salons
Ou sur quelques journaux d’opinion !
.
Libres et influents pour conspirer
Conspuer, contre le progrès et l’évolution…
Et renier ce qui a été fait, pour de vrai,
Quoique à demi ou plus sobrement!
.
Sobriquets et martyrs sur les planches
Pour des manipulateurs de pantins !
Mais ils ont raison de dire leur opinion.
.




Ils ont trahi, le roi et ses ancêtres nos sultans
Pour rester maîtres des retards structurels et des malfaçons
Les maîtres de céans de nos destins et nos corps
De nos lois, de notre culture, de nos terres,
Et de leurs féodales habitudes
Dans nos complexes impôts





Et élémentaires administrations.
.
Les maîtres de nos valeurs,
Les bonnes comme les pires,
De notre caractère ou de nos humeurs !
Oui, oui, on en a de bonnes, heureusement !
.
Et l’on comprend, hé Lecteur, électeur,
Que l’on choit dans les rues, 
Que l'on tombe en marchant.

Je parle sans code, ouvertement, 
C'est arrivé vraiment !
Songe à t’inscrire afin de voter pour le moment
Afin de crier à bon escient,
Crument, légalement,
.
Je suis tombé avant hier en allant au boulot
Ma rue est pleine de trous qu’on la croirait
Avoir subie de Kadhafi et de l’Otan
Plusieurs séries de bombardements.

.





Est-ce Gaza sous les tirs apeurés
De la Tribu divine de Yahvé ?
Ou la Syrie, qu’on décapite
Pour mieux viser l’Iran ?

O Démocratie 
Que de crimes impérialistes
On commet en ton nom !
.
C’est pour cela que ses habitants appellent
Kénitra, Kénitrous, la ville dortoir
Devenue dépotoir aux mille trous et relents
Parce que oubliée de l’Etat ! 
Ou que non ?
.
Ou, qu’elle loge dans sa boucle du Sebou,
Ouroboros, un serpent, un dragon ?
Une immense prison, célèbre pour ses résidents,
Sinistre pour les bavards 
Et vous,  frères impénitents ?
.
Ou qu’elle soit devenue, vile sans âme ?
Ville sans culture, sans ciel et sans rues
Ville triste, sans espoirs ni raison ?
Ville dortoir carbonisée
Où il fait gris monotone et très noir ?
.
Non, d’aucune manière, elle est verte !
Elle sent la forêt Maamora, 
Le sable et la mer
Elle est Kénitrou, pour les intimes, 
Simplement !
.
Pour ses pièges à badauds et ses hères
Ses trottoirs mal famés, saturés d’éléments,
Ses croisements, hospice pour les handicapés
Qui ‘’travaillent comme mendiants’’
Ses prédateurs , ses escrocs, ses brigants 
C’est pour cela qu’on l’aime énormément !
.
Et ses rues aux ventres béants
Accouchant de mille odeurs et nuisances
A perdre l’odorat comme c’est mon cas !
A souiller le ciel et pourrir l’océan
C’est pour cela qu’on l’aime énormément !
.
Madame, notre belle et sémillante ministre,
Que dieu vous garde pour vos enfants !
Faites quelque chose pour nous, en partant !
Pour cette ville devenue de sinistre réputation
C’est pour cela qu’on l’aime énormément !
.
Je ne parle pas des insectes uniquement !
Je parle des anophèles, sans traitements.
Dites-leur monsieur le Ministre et docte professeur
D’épandre les insecticides savamment.
.
Avec ces changements de temps
Chaque jour c’est cinq saisons,
A dormir au frigo ou se refugier au Parlement !
.
Un autre défi a la nature, littéralement conspués
Ces sénats ronflants qui sommeillent !
Avec leurs avatars aux retraites dorées, une pâture
En séances de cris et de ronflement !

Mes chiens, criminels chéris,
Allez aboyer devant !
Et laissez ma porte propre 
Et mes chats vivants !

Des ombres sur fond glauque,
Des spectres hélas vivants
Députés inutiles qui d’être présents 
Les dérange :
Une catastrophe à faire pâlir
Les nuisances des chiens, des insectes 
Du carbone et des éléments.
.
Je parle de vos poumons,
Lecteurs inconstants.
Et à vous docteurs, citoyens par moment !

Vous qui avez osé parler des insanités cruelles
En marchant sur la Santé, 
Sous l'ère de Baddou !
.

Bassou pour les intimes
Malgré la poigne intérieure et ce poliment,
Pour mieux soigner 
Honnêtement et très calmement  !
.

DR IDRISSI MY AHMED,

Kénitra, le 29 mai 2011 revue le 13 02 2013